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Rencontre avec Agnès Paillard

A l’initiative d’Alain Ribet, intervenant et Président du Conseil pédagogique et d’orientation de l’EFJ Bordeaux, les étudiants de l’EFJ 1ère année ont eu le privilège de recevoir jeudi 19 mars 2015 Agnès Paillard, incarnation de la réussite française dans l’industrie l’aéronautique et spatiale. Elle a su développer un point de vue réaliste sur l’économie française, que ses allers et retours entre secteur public et privé ont su consolider.

Le CV est impressionnant. Actuelle Présidente de l’Aerospace Valley (pôle de compétitivité regroupant 1200 entreprises d’aéronautiques aquitaines et midi-pyrénéennes), Agnès Paillard a également été Directrice du développement économique au Conseil régional d’Aquitaine. Sa carrière, elle l’a envisagée au gré des opportunités comme un pont entre domaine public et affaires privées. Sans jamais laisser l’un prendre l’ascendant sur l’autre.

 

Entre entreprises et secteur public

Chez IBM pendant dix ans, Agnès Paillard assiste, impuissante, à l’effondrement du géant de l’informatique, dépassé par la croissance électronique des années 90. Elle se voit alors proposer en 2002 le poste au Conseil régional, qu’elle occupera pendant huit ans, - en y marquant les politiques publiques - avant de retourner dans le privé. « Je ne voulais pas me laisser enfermer dans la politique des collectivités » répond-elle lorsqu’on lui demande pourquoi avoir arrêté. « Les politiques sont là pour être devant les caméras, et ils le cherchent. Ce n’est pas mon cas » ajoute Agnès Paillard en riant.

« Il faut toujours douter, même si nos convictions sont profondes »

En 2009, on lui propose alors de prendre la direction générale du jeune pôle aéronautique entre Bordeaux et Toulouse. Ingénieure de formation, la Lyonnaise saute sur l’occasion. Entre recherche et développement, création d’entreprises et collaboration entre firmes, Agnès Paillard et ses équipes propulsent ce cluster à la française sur la scène européenne et mondiale, concurrençant les grands trusts de R&D américains.

En étroite collaboration avec Airbus et EADS (dont Agnès Paillard est aussi vice-présidente France), elle devient une figure incontournable du savoir-faire français en matière d’aérospatiale.

Des projets plein la tête, tournés vers le ciel

Loin de se reposer sur ses lauriers, Agnès Paillard parle avec enthousiasme du futur de l’aérospatiale en Aquitaine et Midi-Pyrénées. La concurrence très forte sur les lanceurs Ariane (fusées qui permettent principalement à des satellites d’être mis en orbite) est rude, surtout américaine. « Ariane est un lanceur très sûr et fiable, ce qui représente un gros avantage. Lorsque l’on investit 200 millions dans un satellite, on a pas envie de le voir exploser au décollage ». Plutôt juste. « La mission pour les prochaines années sera de faire en sorte que l’Europe, et plus particulièrement la France, deviennent autonomes en trouvant les moyens (financiers) quand elles le veulent, même en stratégie de défense. Une nouvelle Ariane 6, moins chère et plus modulable, est d’ailleurs en construction » explique–t–elle.

Également consciente de la transition énergétique qui s’opère, Agnès Paillard insiste sur le travail d’électrification des technologies aéronautiques et spatiales. Des projets sont en cours afin d’équiper les lanceurs spatiaux du plus grand nombre de composantes électriques possible, afin de progressivement se contenter du minimum de pétrole. « Idem pour les avions, on veut remplacer les composantes hydrauliques par des batteries lithium. C’est plus fiable, plus économique, et plus écolo » ajoute Agnès Paillard.

Le futur de l’aérospatiale française est donc de consolider cette position optimale. « La France jusqu’à présent a su investir au bon moment, il faut que cela continue pour ne pas se faire dépasser » insiste Agnès Paillard, se remémorant la dégringolade d’IBM.

En plus de ses responsabilité à l’Aerospace Valley, à EADS et Volt’ air (division d’Airbus développant l’avion électrique), Agnès Paillard est également présidente du CA de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi). « Le cumul des « mandats » ne me fait pas peur. De toute manière il faut que je sois à 200% dans toutes les tâches pour lesquelles j’ai des responsabilités. »

Adrien Develay

Etudiant EFJ 1

 

Publié le 24/03/2015

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