Bastien Morel est étudiant en troisième année à l’EFJ. En stage chez Paris Match, il nous raconte son parcours et nous propose son point de vue sur l’univers du journalisme.
Vous avez intégré l’EFJ il y a maintenant 3 ans, qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
La même chose qui m’a motivé à ne pas entreprendre des études de Lettres trop longues : approcher de la réalité du métier le plus tôt possible. Pour cela j’ai été servi. Nous sommes allés sur le terrain dès la semaine de la rentrée. Un peu plus tard, nous nous sommes frottés aux reportages radios.
Quels stages avez-vous effectué jusqu’à aujourd’hui ?
Un stage axé sur les critiques et les comptes-rendus pour un magazine culturel en ligne, un autre à la rédaction du Nouvel Obs.com où j’ai pu réaliser quelques interviews en plus des revues de presse ou de la réécriture de dépêches. En ce moment, je suis au service infos de Paris Match depuis deux mois. Ces trois stages sont vraiment complémentaires. Le premier m’a permis de multiplier les déplacements, le deuxième a été très exigent sur l’écriture, notamment sur la précision de l’information et la qualité des sources. Actuellement, je fais plus du travail de pré-enquête pour de futurs reportages.
En quoi les cours à l’EFJ ont été formateurs pour vos expériences professionnelles ?
Les cours de culture générale nous apprennent surtout le jargon du métier. C’est important pour évoluer dans cet univers que l’on découvre véritablement pendant nos stages. Avoir des professionnels en face de soi a été une plus-value indéniable. Quant aux ateliers, ils m’ont permis de développer une méthode de travail préparatoire, des réflexes à avoir sur le terrain. De plus, j’ai acquis une plus grande ouverture d’esprit concernant certains thèmes imposés, comme par exemple : l’économie avec les subprimes. J’y ai sans doute aussi appris la ponctualité !

En quoi consiste votre stage actuel ?
Le service info de Paris Match est une sorte de plateforme, on y trouve les grands sujets de sociétés et les reportages que le magazine va traiter dans les prochains numéros. Il faut emmagasiner toute l’information imaginable sur le sujet, lister les angles les plus porteurs et entrer en contact avec les profils que l’on retrouvera dans l’article. Le travail d’enquête étant le nerf du métier, moins faire de reportages ne me frustre pas. Cette phase comporte son lot d’initiative et proposer de bons sujets est une clé pour se faire remarquer.
Vous voyez-vous travailler dans la presse magazine plus tard ?
La presse hebdomadaire, oui, pour le temps qu’elle accorde à l’approfondissement des sujets.
Un rêve à réaliser au cours de votre future carrière ?
Travailler dans un modèle économique plus solide qu’aujourd’hui. Plus égoïstement, que ma signature signifie quelque chose, comme des interviews bien menées et intellectuellement honnêtes, par exemple.
Quelles sont les formes de compétition dans le milieu ? Qu’avez-vous appris à ce sujet et quel conseil donneriez-vous aux étudiants pour se mettre en avant ?
Au sein de l’école, quasiment aucune. Au contraire, l’accent a été mis sur un travail collectif, en groupes, et nous avons naturellement pris le parti de discuter de nos sujets pour tester leur intérêt. Dans les rédactions, étant l’un des rares stagiaires, il n’y a pas eu vraiment de concurrence jusqu’à aujourd’hui. Certes, il y a de gros égos dans les rédactions et certaines formations ne véhiculent pas le même message. Je conseillerais aux futurs étudiants de garder un oeil critique sur le milieu qui va être le leur. Il n’y a pas que des requins mais distribuer les coordonnées de ses contacts n’est peut-être pas la meilleure chose à faire.
Comment vous définiriez-vous aujourd’hui et il y a trois ans ? Quels changements ?
Forcément, je suis plus épanoui. Passer d’étudiant à la fac sans idée claire sur un futur métier, à jeune “professionnel” qui ne se verrait pas travailler autre part que dans le journalisme est une belle évolution, non ? L’expérience fait que je laisse ma curiosité s’exprimer sans complexe et par conséquent, je pense que j’ai un rapport aux autres plus facile, un peu moins pudique. Il y a trois ans, je me serais qualifié de réservé, aujourd’hui j’ai la sensation d’être plus conscient du monde qui m’environne.
Propos recueillis par Lucile DOUCHIN, EFAP 1
EFJ, l’École Française de Journalisme - Groupe EFAP



