Manon Gimel, étudiante en deuxième année, est en stage au quotidien 20 minutes au sein du service Culture et TV-Médias : immersion dans l’univers journalistique.
Pouvez-vous nous présenter votre parcours avant d’entrer à l’EFJ ?
J’ai intégré l’EFJ directement après avoir eu mon bac L, option Histoire de l’Art.
Qu’est-ce qui a déterminé votre choix pour l’EFJ ?
Mon premier objectif pour mes études était de travailler dans l’art. Dans mes recherches pour les écoles, j’ai découvert l’ICART qui m’a tout d’abord intéressé pour son orientation vers le marché de l’art, puis pour la médiation culturelle. Je m’y suis prise tôt (au début de ma première) donc j’ai eu le temps d’évoluer et de me renseigner sur l’ensemble du groupe EDH, dont l’EFJ. J’ai passé les concours d’admission à l’ICART et à l’EFJ, j’ai été reçue aux deux et après mûre réflexion, j’ai décidé de privilégier le journalisme, enseignement pluridisciplinaire, quitte à me spécialiser par la suite.
Vous êtes aujourd’hui en 2e année, pouvez-vous nous parler des stages que vous avez effectué ? Et quelles missions vous incombent au quotidien ?
En première année, j’ai fait un stage à La Semaine des Pyrénées, un hebdomadaire régional situé à Tarbes, d’où je suis originaire. J’avais conscience d’être encore « verte » donc je ne cherchais pas à intégrer une grosse structure, de peur que mes responsables ne me confient pas assez de tâches compte tenu de mes 18 ans et de mon unique année de formation. J’ai eu raison puisqu’en deux mois (mai et juin) j’ai publié 21 articles signés et 32 brèves dans des domaines très variés, que ce soit en culture, en faits-divers ou en économie. J’ai aussi fait pas mal de travail de terrain, des conférences de presse aux reportages, en passant par les audiences publiques du tribunal pour alimenter les faits-divers. Je prenais aussi des photos pour illustrer mes articles. J’ai également fait des recherches, écrit les éditos et l’ensemble des articles du Hors Série sur les sorties d’été. Finalement, ce stage m’a permis de m’ouvrir à d’autres disciplines journalistiques que celles culturelles.
Actuellement, je suis en train de terminer mon stage de deuxième année (il s’achève le 29 avril) dans le service Culture et TV-Médias de l’édition parisienne du quotidien 20 Minutes. Cela fera quatre mois en tout, soit plus de 45 articles signés. Ce fut extrêmement enrichissant. Je participe aux pages Culture, Médias mais aussi et principalement, à celles du Guide Paris. Pour cela, je suis allée voir près de 30 pièces de théâtre et opéras, et à de nombreux vernissages d’expositions. Si cela me plaît et correspond à notre lectorat, j’écris une critique. Pour les pages Culture, j’ai participé à des évènements d’audience nationale (contrairement au Guide, les pages Culture sont aussi publiées dans les titres régionaux de 20 Minutes : Toulouse, Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg et Nice). Par exemple : Monumenta 2010 au Grand Palais où j’ai interviewé l’artiste Christian Boltanski avec Stéphane Leblanc, mon rédacteur en chef adjoint et le jeune auteur Alexander Aciman, pour la sortie de son livre La Twittérature. En médias, j’ai analysé des nouvelles campagnes de publicité. Je ne m’attendais pas du tout à faire ça, ce fut vraiment novateur et extrêmement formateur. J’ai appelé des directeurs artistiques, interviewé Jacques Séguéla pour Havas, Grégoire Le Champetier, président de Publicis Activ France. J’ai aussi rédigé des papiers pour la rubrique People, qui est là de façon plutôt aléatoire.

Ce stage correspond-t-il à vos ambitions professionnelles ?
Compte tenu de mon attrait pour la Culture, oui, le moins que l’on puisse dire c’est que ce stage répond bien à mes intentions professionnelles. Mais en deux ans, j’ai aussi eu le temps de découvrir la dimension humaine du journalisme grâce aux nombreuses rencontres que l’on est amené à faire. Du coup, je suis moins catégorique pour mon avenir. Tout ce qui m’intéresse, c’est de conserver ce rapport à l’autre. Je m’intéresse aussi à la politique et à la société.
Comment voyez-vous le métier de journaliste aujourd’hui ?
Le journalisme est difficilement définissable actuellement puisque c’est un métier qui est en train de connaître des bouleversements radicaux. Entre la crise et les avancées technologiques, les journalistes sont amenés à cumuler les connaissances et à se détourner de la spécialisation exclusive. Pour faire face aux nouvelles exigences des lecteurs et des groupes de presse, je crois qu’il faut plus que jamais se montrer curieux de tout, et tant pis si c’est cliché. J’ajouterais juste un point : essayer d’avoir l’esprit le plus ouvert possible pour mieux entendre ce que l’on a à nous dire et déjouer les a priori que l’on porte tous en nous.
Un conseil pour les futurs étudiants ?
Restez vous-même tout en prenant conscience des autres. Et armez-vous d’une volonté de fer !
Propos recueillis par Lucile DOUCHIN, EFAP 1
EFJ, l’Ecole Française de Journalisme



