Marie-Julie, d'une formation en journalisme à la production TV
Directrice de la création pour Newen, une société de production qui fait partie du Groupe TF1, Marie-Julie nous parle de son parcours dans l'univers si particulier du journalisme TV. Elle évoque aussi comment sa formation en journalisme à l'EFJ l'aide au quotidien dans son nouveau métier.
Comment créé-t-on un format d’un programme audiovisuel en France ?
On crée un programme audiovisuel avec beaucoup de patience et tout au long des rendez-vous et des intervenants qui travaillent sur les projets. Le format évolue aussi grâce aux personnes qui apportent leur vision du projet comme un réalisateur, un producteur, un journaliste, ou encore un décorateur. Le développement se fait aussi avec le soutien d'un diffuseur partenaire qui accompagne le projet avec confiance, bienveillance et ambition pour son antenne. Aujourd'hui ce sont les producteurs qui sont les plus prescripteurs, mais il y a encore, de temps en temps, quelques briefs, mais c'est rare.
En quoi votre formation en journalisme vous aide dans votre métier ?
Ma formation de journaliste m'a appris l’écriture, la compréhension de l'air du temps et des tendances de société, pour en tirer des enseignements mais aussi et surtout connaître les choses qui parlent aux gens. Pour mon parcours professionnel, j’ai commencé à la création avec Erwan BREUIL qui crée des programmes de télé, notamment du jeu. Ensuite j’ai effectué un stage de rédaction au château de la Star Academy, c’était top. J'ai à ce moment fait une rencontre déterminante avec Alexia LAROCHE-JOUBERT qui m'a formée au développement et à la production. Puis je suis arrivée dans le groupe comme chargée de développement où j’ai été nommée Responsable en janvier 2017. Ma formation en journalisme à l'EFJ m'a donc transmis un socle solide de compétences et de savoirs-être pour réussir dans ce milieu si compétitif.
Vous êtes dans le groupe Newen depuis plus de 9 ans, quel est votre rôle exactement ?
Le groupe NEWEN est largement composé de producteurs, la cellule de développement est là pour développer avec eux sur les nouvelles idées qu'ils pourraient ensuite produire si tant est qu'elles soient vendues. Aujourd'hui le job consiste à répondre aux demandes des diffuseurs, les anticiper, sortir des cases et des formats habituels. Le département veille permet aussi de repérer ce qui se fait de mieux à l'étranger et adapter les formats existants en y ajoutant une modification spécifique pour le marché français. C'est aussi essayer de réfléchir aux tendances, aux visages, et aux talents de demain ainsi qu’à de nouvelles écritures. Quelle sera la prochaine écriture, comment allons nous raconter l’histoire ? La création n’est qu’une transformation de quelque chose déjà existant.
Beaucoup de programmes étrangers sont importés en France. Pensez-vous que les formats de création françaises vont gagner des parts de marché ? Ou bien pensez-vous qu’il est préférable d’exporter nos formats à l’étranger ?
Pour commencer, quand on parle de format, il faut savoir que les Français sont de très bons adaptateurs. Il est bien d'importer des formats quand il s'agit de bons programmes, de bonne qualité, et donc qui plaisent aux publics. Le succès de certains formats montre qu'un même programme peut plaire aussi bien à un Canadien, qu’un Suédois ou un Espagnol. La télé se mondialise. Cependant quand il s'agit d’adapter des formats juste dans le but de se rassurer, c’est contre-productif, car ils ne marchent pas tous. Je pense qu'il faudrait développer une culture de l'échec en France et ne pas oublier que l'émergence d’un nouveau programme naît d’échecs qu'il faut comprendre. Pour aboutir à un programme il y aura eu dix échecs auparavant. Il est important et nécessaire de prendre des risques sur la création.
Les plateformes en ligne sont-elles une vraie opportunité de création pour les sociétés de production françaises ?
Avec les nouvelles plateformes on assume qu'il y a des marchés de niche, que l’on retrouve à l’échelle mondiale. Par exemple viser les jeunes urbains de 15 à 34 ans en France ce n'est pas énorme, mais à l'échelle mondiale c'est un très grand bassin de population. Cependant la démarche n’est pas de plaire au plus grand nombre. L'arrivée des plateformes est très intéressante d'un point de vue consommation. Le contenu est adapté à nos usages et on le consomme quand on veut et où on veut. C'est ce qu'on appelle le délinéaire. Pour nous, c’est une véritable opportunité de création.
Un conseil à donner à nos étudiants suivant une formation en journalisme ?
Si votre envie d'évoluer dans les métiers du journalisme TV se confirme, mon conseil serait de multiplier les expériences professionnelles et les rencontres. C'est un métier d’humains, de feeling et je trouve que c'est très important d'essayer d'être dans de bonnes relations avec les gens en restant souple et sympa. C'est un métier difficile car très compétitif mais l'avantage est qu’il permet de travailler avec des personnes passionnées et d’univers différents. La clé de ce métier repose sur les gens, donc mon conseil serait d’essayer de rencontrer un maximum de personnes et de travailler avec des profils qui vont vous stimuler et vous remettre en question aussi parfois, c’est important.
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