Thomas, étudiant EFJ, en stage à La Provence à Marseille : dans les coulisses du journalisme web
Quand on imagine un stage en rédaction, on pense souvent “reportage”, interviews sur le terrain, micro-trottoirs… La réalité du journalisme web, elle, commence parfois ailleurs : face aux dépêches d’agence, au rythme de l’actualité chaude, avec un objectif très clair : informer vite, bien, et dans un format parfaitement adapté au numérique.
Thomas, étudiant à l’EFJ, effectue son stage à La Provence à Marseille. Il y occupe un rôle clé dans la mécanique quotidienne d’un média : journaliste web. Son témoignage dit beaucoup du métier, de ses exigences, et de ce qu’un stage professionnalisant peut apporter quand on veut devenir journaliste.
Journaliste web : un métier au cœur de l’actualité “chaude”
« Je suis journaliste web, c’est-à-dire que je me colle aux dépêches de l’AFP. »
Dans une rédaction, les dépêches d’agence (comme celles de l’AFP) constituent une matière première essentielle. Elles tombent en continu, sur des sujets internationaux, politiques, économiques… Bref : l’actualité dite chaude, celle qui doit être traitée immédiatement.
Le travail du journaliste web consiste à :
- sélectionner les informations pertinentes,
- vérifier (et contextualiser) avant publication,
- réécrire avec un angle clair,
- adapter au format web (titres, chapô, intertitres, lisibilité, hiérarchie des infos),
- publier rapidement, sans sacrifier la rigueur.
Thomas utilise un terme très concret du métier : “bâtonner”. En clair, il ne s’agit pas de copier-coller une dépêche, mais de la retravailler : reformuler, simplifier, clarifier, organiser l’info, et produire un article qui “sonne” rédaction, pas agence.
Du web… et du print : la polyvalence d’une rédaction
Même lorsqu’on est affecté au web, on ne travaille pas “dans sa bulle”.
« On a aussi des articles qui vont être publiés dans le print. Ça a été le cas deux fois pour moi depuis que je suis arrivé. »
Cette passerelle web/print est formatrice : le print impose un autre rythme, une autre écriture, une précision différente. On pense davantage narration, mise en perspective, choix des détails. Pour un étudiant, voir ses contenus passer d’un support à l’autre, c’est apprendre à changer de registre, une compétence très recherchée dans les médias actuels.
Publier 2 à 3 fois par jour : un accélérateur d’expérience
« Je suis publié deux à trois fois par jour sur le web. Donc pour un étudiant c’est vraiment cool. »
C’est l’un des points les plus frappants : la fréquence de publication. Dans un stage, publier souvent veut dire :
- progresser plus vite,
- recevoir plus de retours éditoriaux,
- affiner ses automatismes (angle, titre, structure),
- gagner en confiance,
- construire un portfolio concret.
Et surtout, apprendre ce que le métier exige vraiment : une discipline, une vitesse, et une qualité constante.
Pourquoi La Provence ? “Du prestige” et une vraie marge d’évolution
Thomas explique son choix sans détour :
« J’ai choisi La Provence parce que déjà c’est une entreprise qui a du prestige, et qui va me permettre de beaucoup évoluer. »
Au-delà du nom, on comprend l’enjeu : intégrer une rédaction où l’on peut produire, être publié, et monter en compétence. Pour un étudiant en journalisme, c’est souvent ce trio qui fait la différence entre un stage d’observation… et un stage qui transforme réellement.
L’événement marquant : un sujet difficile, un vrai déclic de rédaction
Son souvenir le plus marquant n’est pas un “gros titre” spectaculaire, mais un moment que beaucoup de journalistes connaissent : le moment où l’on bloque.
« Mon premier sujet, c’était la labélisation des médias. On m’a dit que c’était compliqué… Je me suis retrouvé complètement coincé. »
Ce passage dit beaucoup du métier : certains sujets demandent une compréhension fine, une capacité à organiser des informations abstraites, des enjeux de définition, de cadre, parfois même de vocabulaire.
Thomas raconte :
- un démarrage confiant,
- 2–3 heures à avancer…
- puis le blocage,
- et finalement 2–3 jours de travail, à deux, pour trouver “l’élément déclencheur” qui fait basculer la seconde partie.
C’est une scène typique de rédaction : parfois, écrire, c’est chercher la structure et l’angle qui rendent un sujet lisible. Et c’est précisément ce que développe un stage intensif : apprendre à ne pas rester seul face au blocage, à retravailler un plan, à solliciter un regard éditorial, à repartir autrement.
Anecdote : quand le sport s’invite dans l’actu web
« Le web et le sport ne font pas bon ménage… sur le web on est plus sur de l’actualité internationale, politique ou économique. »
Thomas pointe une réalité : en rédaction web généraliste, les priorités éditoriales sont souvent dictées par la “température” de l’actualité. Mais il raconte aussi comment il a réussi à faire entrer le sport dans ce flux… grâce à un sujet qui dépasse le sportif.
« Il y avait l’affaire Mbappé et le PSG… j’ai expliqué l’affaire dans toute sa splendeur. »
Autrement dit : un sujet sport, oui, mais traité comme un fait d’actualité au sens large (enjeux, contexte, conséquences, compréhension). C’est aussi ça, le journalisme : savoir reconnaître quand un sujet “sort de sa case” et devient pertinent pour un public plus large.
Ce que ce témoignage dit du métier de journaliste (et de la formation)
Le stage de Thomas illustre les compétences indispensables pour devenir journaliste aujourd’hui :
- écrire vite et bien, sans perdre en précision,
- hiérarchiser l’information,
- adapter au web (lisibilité, structure, formats),
- travailler en équipe et intégrer des retours,
- construire un portfolio grâce à des publications régulières,
- être capable de traiter des sujets variés (politique, économie, société… et parfois sport).
C’est exactement ce qu’une formation en journalisme doit permettre : passer de la théorie à la production réelle, se confronter aux contraintes d’une rédaction et apprendre les codes du métier, sur le terrain et dans le quotidien d’un média.
Pour conclure, la vidéo publiée sur Instagram par l’EFJ résume parfaitement ce que raconte Thomas : une immersion en rédaction locale où l’on apprend “pour de vrai”, au rythme des dépêches, des angles à trouver et des textes à rendre clairs pour le web, parfois même jusqu’au print. On y retient surtout l’essentiel : ce type de stage est une expérience ultra professionnalisante, qui fait grandir en rigueur, en réactivité et en confiance : trois qualités indispensables pour s’affirmer et évoluer dans le métier de journaliste.
Devenir journaliste : et après ?
Le parcours de Thomas rappelle une chose simple : on apprend le journalisme en le pratiquant. Et un stage exigeant, dans une rédaction où l’on publie beaucoup, peut devenir un véritable tremplin.
Pour aller plus loin et découvrir les formations de l’EFJ, vous pouvez consulter le site officiel
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