Vie étudiante
Ateliers plurimédia




Témoignages d'étudiants
Pourtant peu attiré par l’actualité économique, Théo Garcin effectue son stage de deuxième année chez Bourse Reflex. Il a accepté de répondre à nos questions sur son quotidien de journaliste stagiaire, ainsi que sur la nécessité pour un journaliste de s’adapter à tous les milieux.
Vive la presse web !
À qui s’adresse le quotidien au sein duquel vous travaillez ?
BourseReflex.com est un site avant tout destiné à ceux qui s’intéressent à l’économie. Les fluctuations de la Bourse, les résultats annuels des entreprises, les décisions importantes des ministres et les répercussions des conflits géopolitiques sur l’économie mondiale font partie des sujets récurrents qui sont abordés. Cela touche un public de 40, 50 ans, majoritairement des cadres ou des actionnaires.
![]()
Et pourquoi ce stage ?
Au départ je n’étais vraiment pas intéressé, mais quand l’entretien est arrivé, je me suis rendu compte que c’était la meilleure manière de me diversifier. Avant, je ne connaissais pas ce milieu et maintenant grâce au stage, j’ai de solides notions économiques. En outre, dans le milieu du journalisme, les spécialistes de l’économie sont apparemment très courtisés.
Quel était votre parcours avant d’entrer à l’EFJ ?
Je suis arrivé directement d’un BAC Scientifique. J’étais censé m’orienter vers une Fac de biologie, puisqu’en général, après la S, on ne sait pas trop quoi faire, mais j’ai vu la publicité pour l’école dans un journal. Je me suis inscrit au concours sans trop d’illusions, et par chance j’ai été admis.
Pourquoi avez-vous choisi le métier de journaliste ?
Quand j’étais petit, je voulais être écrivain. Mais je me suis vite rendu compte qu’écrire des pages et des pages seul dans mon salon ne me conviendrait pas. Il me fallait quelque chose de vivant, où les situations changeaient constamment. Je me suis alors orienté vers le journalisme. C’est aussi le meilleur moyen de se rapprocher de ses passions, et ne pas se perdre dans une branche qui ne vous plaît pas. Et pourtant, mon stage pourrait prouver le contraire …
« Pour se faire remarquer à l’époque actuelle, il faut savoir ne pas se faire marcher sur les pieds, innover et fournir des idées inédites »
Quel est, pour vous, le stage le plus formateur pour un étudiant en journalisme ?
Sans hésiter, Internet. Cela permet de combiner l’audiovisuel et la rédaction. C’est la vitrine idéale pour être lu par un nombre important de personnes. La spontanéité et la sincérité des réactions en direct est aussi très intéressante étant donné l’anonymat des internautes.

Où avez-vous effectué votre stage l’an dernier ?
J’ai effectué mon premier stage dans une télévision locale, Yvelines première. Je n’avais pas beaucoup de travail mais cela m’a réellement conforté dans mon choix d’études. J’accompagnais les JRI (Journaliste Reporter d’Images) dans leurs tournages même si je servais à porter le matériel. Néanmoins j’ai eu la chance de pouvoir présenter une émission, et cela m’a permis de voir la différence entre être devant et derrière la caméra. Ce stage m’a surtout permis de me familiariser avec le métier et d’en apprendre quelques ficelles.
Avez-vous une préférence pour un media et un domaine en particulier ?
Avant je pensais travailler pour la télévision. D’abord pour l’adrénaline, pour être au cœur des évènements et, pour être franc, aussi d’un point de vue financier, car, apparemment, c’est le média où l’on est le mieux rémunéré. Ensuite j‘ai été convaincu que le web était LA bonne porte de sortie. Comme je l’ai déjà dit, c’est un média multitâches et donc très intéressant. La liberté de ton par rapport à l’audiovisuel est aussi très importante pour moi. Mais aller sur le terrain, être en immersion, c’est vraiment ce qui me passionne. Mon rêve, en plus d’être écrivain, est de devenir reporter animalier.
Selon vous, comment doit être le journaliste des années 2010 ?
Polyvalent, solide mentalement, prêt à travailler sans relâche. Pour se faire remarquer à l’époque actuelle, il faut savoir ne pas se faire marcher sur les pieds, innover et fournir des idées inédites.
« Quand je suis arrivé, j’ai eu trois jours pour m’adapter. J’écrivais des articles peu passionnants mais qui me permettaient d’entrer en contact avec l’économie »
Comment s’est passé votre intégration au sein de la rédaction ?
Très facilement. Pendant l’entretien, j’avais averti la rédactrice en chef que je ne connaissais pas du tout l’économie. Elle m’a rassuré, expliqué que ce n’était pas grave et que j’allais pouvoir apprendre au sein de la rédaction. Quand je suis arrivé, j’ai eu trois jours pour m’adapter. J’écrivais des articles peu passionnants mais qui me permettaient d’entrer en contact avec ce monde. Ensuite, elle m’a rapidement envoyé dans des conférences de presse, où j’ai dû me mettre en condition le plus rapidement possible afin de pouvoir poser des questions pertinentes et comprendre la teneur des échanges. Mais si je rencontrais des problèmes, elle me disait quoi faire, elle m’épaulait.
En quoi consiste votre quotidien au sein de la rédaction ?
La journée type se déroule de la façon suivante :
J’arrive à 9h30 dans les bureaux de la rédaction, je suis chargé d’envoyer une newsletter à tous les adhérents du site. Celle-ci regroupe tous les gros titres économiques de la journée. Ensuite je fais le sondage du jour, j’écris des petites nouvelles insolites qui sont bien entendu en rapport avec l’activité du site. Une autre séquence commence vers onze heures avec, en général, un sujet conséquent. Par exemple l’avenir de la Libye. J’ai jusqu’à 17h pour écrire mon article, sans limite de signes et avec une liberté de ton, une liberté dans le choix des d’intervenants à condition qu’ils soient pertinents. Dès que mon article est terminé, je le transmets à la rédactrice en chef qui le corrige et m’autorise ou non à le publier. Parallèlement, je dois m’occuper de la newsletter de l’après-midi, gérer le forum. Tout ce qui permet au site de fonctionner correctement.
Lors des conférences de presse comme celle des résultats annuels d’une entreprise du calibre de LVMH, je suis envoyé sur place, et j’ai pour mission d’écrire un article récapitulatif de la conférence. Je dois également obtenir, si possible, une interview vidéo du directeur général des entreprises. Pour les grands événements comme le colloque sur la réforme du patrimoine et de la fiscalité, je dois y aller et écrire un article critique. Ainsi j’ai pu assister, à Bercy, à un discours de François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin.
Propos recueillis par Allan Delamotte (EFJ 1)
EFJ • École Française de Journalisme